Journal de bord
du 24 octobre au 11 novembre 2018

Armement yc matos sécurité ✔️
Prise en main ✔️
Appréhender la zone + météo locale ✔️
Exercices et procédures d’urgence ✔️
Carénage et antifouling ✔️
Quasi refit moteur ✔️
Contrôle gréement et révisions voiles ✔️
Avitaillement ✔️
Formalités administratives ✔️

READY ! Cette fois, on est prêts. C’est reparti, direction la Guadeloupe !!!

1ère escale : Sandy Island, en face de Carriacou, Grenade.

Jeudi 24 octobre

Hier soir, on a eu droit à des jeux de lumière sur l’horizon dignes d’une aurore boréale (faut vraiment que j’apprenne à faire des bonnes photos…). 

La lune était pleine cette nuit et le ciel bleu roi bien dégagé. Le profil des cocotiers s’y dessinaient et la surface de l’eau animée par un léger clapot reflétait les rayons lunaires.

Ce matin, réveil au mouillage d’une petite île déserte avec nos voisins pélicans.

Balaise le pélican ! C’est gros comme un cygne.

Pénard sur l’eau, pataud en vol, ça fait des piqués de missiles nucléaires quand il passe à l’offensive pour choper son poisson.

Les thazards chassent en banc et ça grouille de partout autour de Django juste au moment où on veut se mettre à l’eau ! ça et un banc de toutes petites méduses …

Arrive un jeune et sympathique boatman (ouf !). On lui passe commande d’une langouste puis sautons à l’eau et nageons, Valentin sur sa bodyboard, pour aller explorer cette bande de sable et ses cocotiers.

Tout cela creuse et une fois le royal brunch expédié (c’est pas tous les jours qu’on s’envoie de la langouste au petit-déj…), on lève l’ancre et naviguons 2 petites heures direction Cliffton au bon plein sur une mer ridée à belle dans un vent d’est de 10 à 15 nœuds … Une journée de rêve !

Mardi 30 au mercredi 31 octobre

Première navigation longue et de nuit de Union à Sainte-Anne en passant au vent de Saint-Vincent et Sainte-Lucie.

Partis de Union, on a fait un premier arrêt à Bequia. La navigation s’est super bien passée et on se sent d’attaque pour poursuivre. Je pars régler la clearance de sortie go !

On n’est pas prêts comme j’aime qu’on le soit mais la motivation -et les bonnes conditions de mer- compensent.

Vite fait, on prépare notre route et un casse-dalle, tout feu tout flamme.

L’euphorie stoppe net l’espace d’un instant comme on mettrait un film sur pause au milieu de la meilleure scène quand je vois mon Jo armé d’une pince, la tête dans le moteur, pour régler son cas au démarreur qui ne partage pas notre enthousiasme et s’est mis en grève.

Souci réglé en 2 coups de cuillères à pot. Il s’agissait en fait d’une sombre histoire de masse dont on en dira plus long dans la rubrique du Capitaine…

L’heure tourne et on part donc tout schuss au moteur pour aller se placer large au vent de St-Vincent avant la nuit (pour éviter les casiers de pêcheurs qui te massacrent un arbre d’hélice).

À peine arrivés au nord de la petite île de Bequia, le moulin est tellement ému qu’il fait siffler son alarme … surchauffe ???

Je nous vois déjà faire demi-tour.

Trois hypothèses :

1. Le système de refroidissement

2. L’hélice possiblement surdimensionnée

3. La GV trop haute et mal bordée ?…

Seulement voilà, si de nouvelles réparations se profilent, mieux vaut être au Marin qu’aux Grenadines pour trouver du matériel.

Et puis un voilier, ça a des voiles non ?

On se remet donc en route.

Notre bateau a l’avantage d’avancer dès 6-7 nœuds de vent (un éternuement de chaton …).

Il en trouve à peine 5 et le tronçon entre le nord de Bequia et la côte est de Saint-Vincent dure des plombes.

Le ràs-le-bol faisant, Jo se risque à relancer Lulu à 1200 tours.

Et ça marche !

Seul bémol, le vent annoncé d’est, sud-est, est franchement nord, nord-est.

Il faut qu’on s’éloigne encore de la côte de St-Vincent contre qui le léger flux d’air semble vouloir encore se diviser.

Jo finit (enfin !) par se lasser de bagarrer avec ses réglages de voiles. C’est d’habitude un grand sujet de dispute à bord.

Je suis du style à caler le voilier, plutôt sous-toilé, et à intervenir si vraiment on traîne les pieds. Pour lui, c’est l’inverse.

C’est la base et ça l’éclate.

Il faut bien admettre que, dans le contexte avec si peu d’air, ça compte. Ça nous rappelle le lac d’ailleurs !

Je prends donc mon premier quart de nuit. Le moteur ronronne. Je check toutes les 3 minutes qu’il ne fume pas. C’est bon.

Les lumières de la terre s’éloignent enfin doucement.

La lune décroissante est encore bien pleine et nous fait grâce de ses rayons sur une mer calme, juste animée d’une faible et longue houle atlantique lointaine qui se forme au fur et à mesure des miles.

Le ciel est dégagé (note pour plus tard : ressortir ce jeu de cartes pour apprendre à identifier les constellations).

Valentin et Jo roupillent du sommeil du juste depuis un bon moment, bercés par les basses fréquences du moteur.

Je garde juste à l’œil quelques cumulus bien gris à la base qui passeront leur chemin vers l’ouest tandis que Django fait route vers l’est.

Le vent se renforce et se stabilise à 7 – 8 miles de la côte.

Après un peu plus d’une heure de moteur, on touche 10 nœuds de vent établi.

Nous approchons tranquillement du canal entre Sainte-Lucie et Saint-Vincent et je déroule le génois.

Ah ! Quel bien ça fait quand ça s’arrête ce moteur !

Le vent monte encore à 12-13 knots et on marchera honorablement à 6,5 kts entre le travers et le bon plein jusqu’à l’arrivée.

À part quelques pannes brèves et soudaines du ventilo, c’est ce qu’on aura jusqu’au canal de Sainte-Lucie.

Jojo reprend son « quart » de 2h à 5h.

Puis c’est à nouveau mon tour de barrer, juste avant de se faire cueillir par un soleil levant d’une blancheur nette et éblouissante.

Deux heures plus tard, les gars émergent.

Il est bientôt tant d’abattre sur Sainte-Anne, Martinique, avec encore la journée devant nous.

À nous le pain croustillant et les bons produits à la française !

Jeudi 1er novembre

On profite du passage à Sainte-Anne pour octroyer une grosse matinée de plage à Valentin avec papa pendant que maman va se caler au tea-room du coin pour terminer un boulot de rédaction et régler quelques combines administratives.

À midi, on lève l’ancre direction Le Marin, bien décidés à se mettre en route le plus tôt possible pour la Guadeloupe. La to-do list dit :

  • Moteur d’annexe (le cache-soupape est mort et ça pisse l’huile)
  • Retester moteur principal
  • Faire retarrer les injecteurs
  • Changer balancine
  • Réviser antenne ampli wifi
  • Installer 2 ventilos supplémentaires
  • Installation récupération d’eau
  • Réviser antenne TV
  • Poignée frigo
  • Configuration GPS + AIS VHF + balises MOB … ?
  • Refaire table de déviation
  • Avitaillement
  • Livres Valentin

Le Marin est une sorte de point névralgique de l’accastillage aux Antilles.

On y trouve énormément d’offres et de services pour la plaisance et on y retrouve plein de bateaux-copains.

Mais très franchement, l’ayant parcouru de long en large en début d’année, on n’aime pas trop.

L’amabilité et le professionnalisme n’est pas toujours au rendez-vous du fait de la forte fréquentation, l’eau et la terre sont assez sales et ça fait vite beaucoup d’aller-retour en dinghy -bien mal en point en l’occurrence …- souvent sous un soleil lourd et pré-orageux.

Vendredi 1er au lundi 5 novembre

Après notre désormais traditionnelle prise de bec concernant le choix du mouillage (où j’ai tout aussi traditionnellement le dernier mot 😀 ), nous voici prêts à partir à l’assaut de ce satané Marin.

Mais voilà : aujourd’hui, c’est férié.

Joyeuses fêtes des morts !

On rentre au bateau bredouille et on reporte donc notre ordre du jour au lendemain.

coucher de soleil à Sainte-Anne

Entre temps, on recroise nos potes de Nemaya qui vivent aussi sur le bateau avec leur petit gars de 2 ans et nos anciens voisins au chantier de Carriacou, qui ont dû ressortir leur bateau après une fortune de mer, heureusement sans gravité pour eux.

On profite pour faire un petit apéro franco-anglais à bord avec tout ce beau monde.

Le lendemain, mission Leader Price avec nos voisins suédois (note pour plus tard n°2 : ne JAMAIS aller au Leader Price un samedi … même si on peut se garer devant en dinghy… on est repartis avec la moitié de ce qu’il nous fallait, pressés de sortir de la foule).

Puis petit tour plus sportif que cérébral par la librairie, puisqu’il fallait de temps à autre galoper après nos deux gaillards complices pour l’occasion qui s’en donnent à cœur joie dans les rayons, sous le regard inquiet de la vendeuse.

Dimanche, une fièvre éclair me cloue dans ma couchette tandis que mes deux amours vont traîner vers la Capitainerie avec comme objectif approprié pour le jour d’aller chercher du pain.

Lundi, quelques points de notre to-do liste sont péniblement barrés. Comme dirait notre pote Steffie des Knot Vikings (www.knotvikings.com, allez voir, c’est génial !), Le Marin, c’est comme la chanson Hotel California : tu ne t’en réchappes pas comme ça !

Je vais mieux et notre antenne wifi est chez le docteur.

Pour les injecteurs il faudrait s’arrêter au nord de la Martinique tandis que pour le moteur de l’annexe, il vaudrait mieux faire un saut à Sainte-Lucie …

Le temps file et il va sérieusement falloir songer à attaquer la remontée direction la Guadeloupe pour voir l’arrivée de la Route du Rhum, démarrée dans des conditions dantesques, et bientôt accueillir notre Renaud national.

Mercredi 7 au vendredi 9 novembre

Après un court arrêt à Sainte-Anne où on s’est amusés comme des fous à courir pieds nus sous la pluie sur la petite place centrale fraîchement nettoyée avec mon petit gaillard, on décide de lever le camp direction Sainte-Lucie à la recherche d’un nouveau moteur 2 temps détaxé.

Distance : 20 miles, vitesse estimée 5 à 6 nœuds, vent est 15 kt, mer belle à agitée dans le canal.

On mise sur 4 heures de route et on devrait arriver au lever de sieste de Valentin. Faux calcul.

C’était sans compter un vent du sud-est, voire franchement sud (donc dans notre pif) et une mer plus agitée que belle.

On se tape le trajet au bon plein puis au près. À mi-chemin, tassée par le séjour à l’intérieur et un traitement antibio, je pousse pour qu’on réduise la toile et qu’on envoie la trinquette pour moins gîter.

En plus, d’énormes culumus arrivent de l’Atlantique et semblent aussi vouloir aller à Sainte-Lucie et la mer moutonne de plus en plus.

On se met à la cape et tandis que je guette l’anémomètre, Jo s’attache et se colle courageusement à l’installation de la trinquette (n’ayant pas d’enrouleur, on doit aller la déficeler et frapper la drisse).

Aller sur le pont dans une mer formée n’est pas une sinécure, ça brasse.

Il barre un coup en revenant et ça donne le tour.

C’est là qu’on voit que la bagarre contre le mal de mer est sans fin.

Dès qu’on stoppe plusieurs jours de suite dans un mouillage sans mouvement, on se désamarine et on doit à chaque fois regagner nos galons.

On rêvait d’aventures dans le Pacifique il y a quelques jours. 

Rien de telle qu’une petite nav’ un peu musclée  pour se rappeler que la route est encore longue avant d’envisager ce genre traversée.

Le boulot à peine finit, les nuages épais se séparent en deux, laissant la place à un superbe arc-en-ciel qui ne console pas mon Jojo de la vitesse du bateau tombée à 4 nœuds malgré un vent à 15-17 nœuds.

Il n’est plus assez puissant dans la vague.

C’est souvent comme ça : ne mets pas ton ciré en te disant « plus tard » et tu te feras rincer.

Mets-le, ça fera revenir le soleil ! Idem pour nos voiles.

On affale donc le génois et renvoyons le génois et la GV haute.

C’est reparti mais il nous reste encore une bonne dizaine de miles et le soleil se fait la malle tandis que le vent tourne sud plein sud !

On se retrouve donc à faire ce prés serré que je déteste.

Ça tape et ça gîte malmenant bateau et équipage et ça n’avance pas.

La nuit tombe, le bord se réorganise cahin-caha. On range, on fait le point, on se met d’accord pour l’arrivée.

Ce n’était pas le programme d’arriver de nuit près de la côte.

Cela demande d’être vigilants aux bouées de pêcheurs.

Difficile de garder le bateau dans l’obscurité toutefois, ce qui permettrait à l’œil du barreur de s’acclimater tel le lynx en chasse, puisque mon petit Valentin émerge de sa siesta.

Il faut remettre la main sur 1-2 jouets, une couche propre, un biberon.

Le cockpit est dangereux pour lui tant qu’on n’est pas à l’abri des vagues et du vent sous l’île (dans des conditions agréables, on le sangle dans son siège auto, fixé devant la barre).

On se cale brièvement dans la descente pour prendre une bouffée d’air puis on s’allonge pour écouter des chansons et jouer aux marionnettes.

Ce qui devait être un saut de puce devient interminable.

Comme quoi, même une courte navigation reste une navigation.

Mon pauvre petit a juste le temps de m’aviser « pas bien ! » en me montrant son cou délicat que le risotto de midi est de retour parmi nous … et un bébé de 2 ans qui vomit, ça s’accroche à qui au moment de l’action ? …

Mission décrépissage et nettoyage par 45° de gîte accomplie. Django revient au trot en passant la pointe nord de l’île.

Valentin se requinque dans son siège auto en grignotant ses bretzels. Il babille et cherche la lune…

Toutes nos sources lumineuses sont réduites (note pour plus tard : lire le mode d’emploi de ce GPS extérieur qui nous en fout plein la tronche).

Je reprends la barre tandis que Jo affale avant d’aller se poster à l’étrave avec sa frontale, le bateau progressant dans cette dernière ligne droite salutaire à petite vitesse.

Il est bientôt 19h00 ?!!

La Rodney Bay est spacieuse heureusement, car c’est la première fois qu’on vient s’y ancrer. Elle a mauvaise réputation (beaucoup de vol).

On aimerait se mettre vers les copains mais pas trop quand même. Django avance à pas de velours car discerner le paysage relève de l’exercice de style.

Des silhouettes de voiliers sans feu de mât surgissent brutalement dans cette nuit noire.

La pioche enfin posée, on se dégourdit les jambes sur le pont pendant que les pâtes cuisent.

Incroyable !

Un petit poisson bleu a atterri dans notre bail à mouillage, ejecté par une vague ! 

Les pavillons sont à poste. Les formalités seront pour le lendemain.

À Sainte-Lucie, on ne plaisante pas avec ça.

Seul le skipper est normalement autorisé à descendre pour faire la clearance.

Aussi procéduriers qu’antipathiques, ça me demande à chaque fois de profondes respirations pour rester zen avec ces officiers.

L’accueil n’est guère plus rutilant dans les commerces.

On embarque le modèle de moteur hors-bord qu’on voulait en se réjouissant de déguerpir.

Reste à retourner voir sœur sourire à l’immigration pour nos stampels de sortie puisque la vilaine n’a pas voulu me les octroyer aujourd’hui… grrr…

On s’est défoulés avec Jo en faisant quelques tours de paddock en dinghy.

Moi, je trouve ce moteur bien assez puissant.

Lui rouspète comme un gosse content de son cadeau de Noël mais qui aurait reçu une imitation du jouet attendu car lorsqu’on est les 3 dedans, impossible de déjauger …

Vendredi 9 au dimanche 11 novembre

Le temps fiiiile …

On s’est extirpés de Sainte-Lucie avec un Valentin malade.

Il n’a pas bougé du trajet de son petit coin, calé dans mes bras dans le carré et assommé par 39° de fièvre.

Django fait un bon trot au portant dans une mer formée.

Le ciel est bouché et on essuie 1 ou 2 grains costauds bien anticipés par Jo.

On réussit à rallier l’Anse Mitan, un endroit qu’on aime bien et assez central au cas où on doit amener notre petit chez le docteur.

Valentin prend rapidement le dessus sur ce qui semble être une angine.

Le moteur de Django par contre nous inquiète.

La pompe de refroidissement n’a pas assez de punch vraisemblablement. Et reste encore pas mal de boulot dont les injecteurs à réviser.

Nous voilà stoppés à nouveau en Martinique. On dirait que l’univers ne nous veut pas en Guadeloupe …

Notre (ma) liste de choses à régler ne réduit pas.

Cela en devient dérisoire de reporter les mêmes points de semaine en semaine.

Ambiance étrange, comme déboussolés et pris dans la pétole, entre lâcher-prise et obstination à vouloir bien faire.

Demain dimanche, c’est glace et plage pour Valentin. Faut qu’on se taille de là.

Lundi 12 novembre

On remonte au moteur direction Saint-Pierre pour y passer la nuit avant le grand saut qu’on espère faire jusqu’en Guadeloupe d’une traite.

On croise nos copains canadiens de Thalasso, qui eux pensent faire une halte en Dominique.

Je vais me coucher avec 39° de fièvre.

Mardi 13 novembre

Le bulletin météo pris la veille prévoit un régime d’alizés faible à modéré, instable avec des vents 3-4 beaufort, fraîchissant 5, localement 6 sous orages et dans les canaux et une mer belle à agitée.

On mange 30 à 35 kn de vent régulier avec de sérieuses rafales à 40kn et une pluie incessante à peine après avoir passé le premier tiers du canal de la Dominique.

Après moultes hésitations superflues, on se décide à réduire la voilure (la règle n°1 de Django est pourtant simple : quand tu te poses la question, fais-le !).

Thalasso a fait demi-tour après une avarie d’écoute de GV.

De 1 ris – trinquette, on passera sous GV 2 ris seuls. On palabre pour organiser la manœuvre quand Django, comme agaçé, part sur l’autre bord pendant un moment d’inattention du barreur.

À la cape les gars !

Grand moment que de devoir affaler la trinquette avec 39° de fièvre.

Heureusement que la mer n’est pas trop formée.

On a oublié de reprendre la contre-écoute au winch ce qui aurait éviter à dame trinquette de partiellement passer par-dessus bord.

Pas de mal heureusement.

Mon Valentin est gagné par le sommeil dès qu’on aborde l’île, qui nous abrite du vent désormais.

On pousse alors encore 3 heures jusqu’au nord pour passer la nuit à Prince Rupert Bay sous pavillon jaune.

Mardi 13 novembre

Équipage ragaillardi et décidé à en découdre. On se repart dans la bagarre avec nos 2 ris, le vent ayant molli à 25 nœuds de moyenne (après avoir passé les rafales de 0 à 30 nœuds en 3 secondes du nord de l’île…).

Cap plein nord sur Pointe-à-Pitre, au travers.

La mer se creuse et se creuse devenant forte à très forte. Autant dire que par le travers à 7 nœuds sous 2 ris et un petit bout de génois, ça devient vraiment flippant.

J’appelle Jo en renfort.

Il faut reprendre la barre et évaluer l’équilibre du voilier.

Ce n’est vraiment pas évident de mettre assez de toile pour lui donner de la puissance mais pas trop pour éviter de lui casser le mât ou autre chose.

On décide d’abattre sur les Saintes à 2 heures d’ici et filons, bien stables, comme un TGV.

Mon petit gaillard bouquine en grignotant ses bretzels.

On a une admiration sans borne pour cet enfant qui pas une fois ne se plaint bien qu’il ne puisse qu’en avoir marre d’être cantonné à ce petit espace, allongé pour s’éviter un haut-le-cœur.

On s’empresse de l’amener à la place de jeux à peine arriver à Terre-de-Haut.

Ses petites cannes engourdies le trahissent quelques fois de retour à terre, n’arrivant pas à suivre sa volonté de courir comme un cheval sauvage qui retrouve la liberté.

Ce qui ne l’arrête en tout cas pas.

Demain c’est repos pour tout le monde, contrôle et recontrôle météo puis balade à Fort napoléon pour regarder passer le 1er Multi 50 dans le canal des Saintes.

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