VISITE DU KENNEDY SPACE CENTER DE LA NASA

LA PLANÈTE BLEUE VUE DU CIEL

FLORIDE | MARS 2020

VOIR DES FUSÉES !

Et au travers des yeux de notre gamin de presque 4 ans. Imaginez. On n’aurait même pas osé mettre cela sur notre bucket-list tellement c’est inouï. C’est chose faite avec la visite du Kennedy Space Center début mars dernier.

Nous naviguions dans l’Intracoastal waterway qui passe juste derrière le Cap Canaveral.

C’était avant tout ce chaos.

Je vous partage ce billet avec le souhait de transmettre un virus :

celui de la recherche d’INSPIRATION, celle qui vous met les piles, ouvre des perspectives, donne envie d’entreprendre pour du mieux, du différent, du neuf.

Réplique de la pile d’Atlantis en toile de fond. Elle mesure 56 mètres.

Envoyer un homme sur la lune :
Arrogance, pari fou ou trait de génie ?

Le monde était en froid. C’était en 1961. Les Russes envoyaient Youri A. Gagarine dans l’espace alors que les Américains enchaînaient les échecs et perdaient la course à la conquête spatiale.

En réponse, Kennedy mettait alors sa nation au défi :

« We choose to go to the Moon in this decade and to do other things, not because they are easy, but because they are hard ».

Arrogance, pari fou ou trait de génie ?

Quoiqu’il en soit, cet engagement historique aura incontestablement le mérite d’avoir fédéré des hommes en temps de crise autour d’une quête plus grande qu’eux avec les missions Apollo.

Niel Armstrong avisait la base que l’aigle s’était posé sur le sol lunaire le 24 juillet 1969. La véracité de l’achèvement de cette mission est encore aujourd’hui remise en doute.

L’exploit attendu des équipes scientifiques a toutefois propulsé la technologie aéronautique et spatiale vers une nouvelle ère.

En 1975, Russes et Américains formaient le premier équipage international de l’Histoire en s’ancrant ensemble dans l’espace avec le projet test Apollo-Soyouz.

La fusée Saturn V restaurée.

Dans le même élan de compétitivité et de conquête, et par soucis d’économie, les ingénieurs planchent dès 1968 sur le développement d’une fusée réutilisable.

Assez rapidement, le projet d’une navette qui décolle comme une fusée et se pose comme un avion est développé. Un véritable casse-tête d’ingénierie qui prendra plus de 12 ans à se concrétiser avec le premier vol de Columbia en 1981 dans un contexte politico-économique tendu d’après guerre froide et d’après Viêt Nam.

L’enseignement des navettes spatiales
Défi technique et décisionnel

Atlantis, inclinée à 43,21 degrés, comme en plein vol.

Columbia, Challenger, Atlantis, ces noms seuls ont le pouvoir de vous faire lever le nez au ciel. Pourtant, ils laissent une saveur étrange en bouche. Et pour cause, deux des plus grandes catastrophes de la Nasa concernent les space shuttles.

Challenger a explosé juste après son décollage en 1986 lors de son 10ème vol.

Columbia s’est désintégrée en entrant dans l’atmosphère en 2003.

Deux processus étaient à l’œuvre à chaque fois. D’abord, le mécanisme de « normalisation de la déviance ».

Cela consiste à considérer un incident, pourtant capable de graves conséquences, comme mineur car il s’est produit plusieurs fois sans qu’il ne se passe rien. La perte de mousse thermique qui a engendré la perte de Columbia s’était déjà produite sur 14 autres vols.

Le comportement par temps froid des joints toriques responsables du début d’incendie sur Challenger était connu. Pourtant le lancement a été maintenu malgré des températures extérieures exceptionnellement fraîches.

Dans ce cas, le second processus incriminé est aussi décisionnel.

Les problèmes répertoriés n’étaient pas tous remontés au niveau de l’équipe en charge de la décision de lancement.

Au final, après 135 trajets, l’ensemble du programme de navettes spatiales aura permis et la réparation du télescope Hubble, la mise en orbite de milliers de tonne de charge et la construction de l’International Space Station.

« … C’est notre destin d’explorer, d’apprendre et de chercher à dépasser les limites du monde que nous connaissons. Le programme spatial élargit nos horizons. Il améliore la vie de tous les habitants de la Terre et il nous prépare à affronter les inconnues que l’avenir nous réserve… »

Extrait du discours de bienvenue de Bob Cabana, Directeur du KSC.

Votre gps, la mousse intelligente des sièges de votre voiture ou les pommeaux de douche en métaux intelligents qui évitent de se brûler sont en effet des bénéfices collatéraux des développements issus de l’aéronautique.

Finalement, peut-être qu’explorer l’immensément grand fournirait des clés pour comprendre et faire évoluer l’organisme infiniment petit que nous sommes dans l’univers.

L’avenir de la conquête spatiale sous le signe de la recherche

Recherche de la vie sur Mars, recherche de nouveaux horizons et de profit avec le tourisme dans l’espace, et recherche scientifique en microgravité. Le ton est donné.

Au-delà de l’évasion qu’appelle un ciel étoilé, une quête moins poétique mais tellement humaine est celle du profit.

L’avènement des vols spatiaux commerciaux se situe quelque part entre ces deux besoins viscéraux d’exploration et de richesse. On parle d’ailleurs d’exploitation de l’espace plus que d’exploration.

L’ISS est le fruit d’une collaboration entre la NASA, l’Agence spatiale européenne, le Canada, la Russie et le Japon. Des équipages internationaux y vivent en permanence pour y mener des recherches scientifiques. La base permet de se préparer à des vols longue durée au-delà de l’orbite terrestre.

Au moment de la rédaction de ce papier, le vaisseau spatial SpaceX Dragon lancé sur une fusée Falcon 9 livrait 4300 livres de charges utiles à la Station Spatiale Internationale (ISS). L’étage inférieur de la fusée est capable de revenir se poser à son point de départ à l’horizontal.

La NASA a signé une deuxième série de contrats de réapprovisionnement commercial jusqu’à 2024 pour le plus grand et le plus compliqué des faisceaux spatiaux jamais construits qu’elle attribue à différentes sociétés comme SpaceX.

À bord de Dragon, des vivres, du matériel scientifique destiné à la recherche sur l’intestin humain et la croissance des cellules cardiaques, ainsi que du matériel destiné à construire Bartolomeo.

Sorte de plate-forme qui viendra se fixer à l’extérieur du module Colombus de l’Agence spatiale européenne de l’ISS, Bartolomeo offrira des emplacements pour charges utiles que des sociétés privées ou des start-ups actives dans des domaines tels que l’observation de la Terre, l’astrophysique, la science des matériaux. Géré par Airbus, sa vocation est donc commerciale.

SpaceX embarque des touristes !

Une autre mission de taille attend la capsule Crew Dragon à son retour sur Terre.

C’est désormais officiel. SpaceX enverra cette année 4 fortunés clients sur les traces de Gemini, à plus de 400 kilomètres de la Terre à bord de Dragon.

La capsule Gemini 9A.
« Le vol spatial place constamment les astronautes sur la sellette d’un danger très réel. Pendant la rentrée dans l’atmosphère terrestre, le bouclier thermique de la capsule Gemini transportant Tom Stafford et Gene Cernan, est montée à 3500 Fahrenheit. Du vide sans fin de l’espace à la fureur brûlante du retour sur terre, les progrès de l’excellence humaine se paient cher. »
source KSC

Une avancée historique alors que le projet relevait de la sculpture sur nuages il n’y a pas si longtemps.

La situation actuelle de pandémie questionne tout de même les ambitions du flamboyant milliardaire Elon Musk de créer une colonie martienne de plus d’un million de personnes d’ici 2060.

Dans un récent post Instagram, SpaceX constate en effet que l’humanité n’est pas tout à fait prête pour l’isolement …

https://www.instagram.com/p/B-QUcBOBQVJ/

Moralité : l’argent ouvrira toujours des portes.

Mais la capacité à être autonome vous maintient en vie. Inspirant pour les plaisanciers que nous sommes.

Mission Mars2020

Armé de ses spectromètres, le robot rover Perseverance partira en juillet 2020 collecter des échantillons de terre dans le cratère Jezero de la planète Mars pour y trouver d’éventuelles traces de vie passée.

Une mise en scène démentielle

En marketing, on parle souvent d’expérience utilisateur. Des mises en scènes spectaculaires nous ont transporté à travers l’histoire fascinante de la conquête spatiale.

Les moyens sont colossaux avec un budget de 300 millions de dollars généré par plus d’un million et demi de visiteurs annuels.

Le jardin des fusées

Les expériences in vivo hyper-créatives feraient fantasmer bien des pros de la vente et de la médiation culturelle.

L’immersion est totale avec par exemple le cinéma 3D, le simulateur de vol, ou les ateliers expérimentaux où les enfants apprennent l’autonomie nécessaire pour vivre sur Mars.

Chaque midi, un astronaute est disponible pour répondre aux questions du public.


Un tour en bus vous emmène sur les sites de lancement. Le bâtiment d’assemblage des véhicules est énorme. On pourrait déposer le Colisée sur son toit.

Une journée n’aura largement pas suffit à « faire le tour » des nombreuses expositions et attractions du Kennedy Space Center. On rêve d’y retourner comme un astronaute doit rêver de sa prochaine mission tellement c’était passionnant.

Une petite journée dans l’année, un grand moment de notre voyage 😉

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